La sève de bouleau

Le bouleau est un arbre originaire d’Europe et d’Asie du nord, que l’on retrouve également notamment au Canada, et qui peut vivre jusqu’à 100 ans. Sa sève, ou « eau de bouleau », est collectée au printemps pendant une très courte période (2 à 4 semaines, du 15 mars au 15 avril environ), avant l’éclosion des bourgeons et l’apparition des premières feuilles. À cette période, l’arbre sort de son sommeil hivernal et ses racines absorbent de l’eau et des nutriments dans le sol. Cette eau est mélangée à des substances nutritives déjà contenues dans l’arbre, et envoyée vers les bourgeons naissants. C’est à ce moment que la sève est la plus riche en substances nutritives. 

La pression de la sève montante dans les canaux du bois est tellement forte qu’il suffit de percer un trou dans son tronc pour récupérer une partie de cette sève. Ce phénomène est similaire à celui présent dans les érables et dont on fait le sirop d’érable. Certains pays comme la Lettonie en font même des vins ou des limonades, car elle fermente au bout de quelques semaines à cause du sucre qu’elle contient. (1)

La sève de bouleau est traditionnellement utilisée dans les pays du nord comme revitalisante au sortir de l’hiver, grâce à sa grande richesse en nutriments. En effet, si elle contient quasiment 99 % d’eau, les 1 % restants sont des sucres (glucose, fructose, galactose, saccharose), des vitamines (A, E, D3, C, B1, B2, B6, B3, B9, C), des minéraux (calcium, sodium, potassium, magnésium, silicium, sélénium, chrome, cuivre, fer, zinc, manganèse…), des acides aminés (17, dont la glutamine, qui participe au maintien de l’intégrité de la paroi intestinale), des enzymes, des antioxydants, des acides présents dans les fruits (acide malique, acide citrique, etc.), du mucilage… (2)(3)

 

Quels sont ses bienfaits ?

Les bienfaits de la sève de bouleau sont documentés en Europe depuis le moyen-âge, mais elle était probablement utilisée depuis bien plus longtemps. Au XIIe siècle, Sainte Hildegarde de Bingen décrit déjà la sève de bouleau comme remède pour soulager les ulcères. On lui attribuera ensuite des propriétés médicinales sur la vessie et les reins, les maladies de la peau, les affections rhumatismales, la goutte et une foule de maladies chroniques. (4)

Mais c’est aujourd’hui souvent en cure printanière que la sève de bouleau est utilisée, pour se détoxifier de la période hivernale, où l’on a bien souvent surchargé son organisme en mangeant plus riche et en faisant moins d’activité physique. La nature étant bien faîte, c’est justement la période où un drainage est nécessaire pour éliminer les toxines. (5)

En effet, on lui prête les vertus suivantes :

  • Drainante, diurétique et détoxifiante : elle stimule les reins et peut augmenter légèrement le volume des urines, ce qui permet d’éliminer les liquides en surplus et de drainer certains déchets accumulés pendant l’hiver et délétères pour le système ostéo-articulaire, tels que l’acide urique, issu en particulier de la métabolisation des aliments riches en purines (comme la bière, les abats, le chocolat, ou les anchois…).
  • Reminéralisante, grâce aux nombreux minéraux et oligo-éléments qu’elle renferme ;
  • Revitalisante et dynamisante, notamment grâce aux vitamines, aux acides aminés et aux minéraux comme le magnésium ;
  • Anti-inflammatoire et analgésique : la sève de bouleau peut contenir du salicylate de méthyle, un composé anti-inflammatoire proche de l’aspirine, c’est à dire de l’acide salicylique (aucune étude scientifique ne le démontre cependant, et ce serait surtout grâce aux feuilles du bouleau que cet effet serait le plus important, car ce sont elles qui contiendraient le plus de composés salicylés).
  • Antioxydante, notamment grâce aux flavonoïdes, aux polyphénols, aux acides de fruits, à la vitamine C, à la vitamine E ou au sélénium.

La cure

Une cure de sève de bouleau se déroule sur une période de 3 semaines, à raison d’environ 150 ml par jour (1/2 verre), le matin à jeun, pure ou diluée dans de l’eau.

On peut, si l’on possède un bouleau dans son jardin, prélever la sève directement sur l’arbre, en y perçant un trou de quelques millimètres de diamètre et de quelques cm de profondeur, et en y glissant un tuyau relié à un récipient, en prenant garde de ne pas récolter plus que ce dont on a besoin, pour ne pas léser l’arbre : il s’agit en quelque sorte de son sang ! On peut d’ailleurs pour cela l’en remercier… Après le prélèvement, reboucher le trou à l’aide d’une cheville de bois issue d’une branche de l’arbre, ou avec de l’argile.

En ville, on peut se procurer de la sève de bouleau en magasin bio au rayon frais, par exemple sous forme de cubi de 3 litres, souple ou rigide. 

Elle est à conserver au réfrigérateur le temps de la cure et devrait donc être consommée dans les 3 semaines. Au delà, elle fermente et devient acidulée.

Attention, il existe des versions pasteurisées : préférer la sève de bouleau fraiche, car elle renferme le maximum de propriétés bénéfiques.

Il existe également des sèves stabilisées, c’est à dire mélangées à un composé empêchant la fermentation, comme de l’alcool ou du jus de citron. Cela permet d’allonger son temps de conservation, afin de pouvoir en consommer toute l’année si l’on souhaite faire plusieurs cures (notamment à l’automne).

Enfin, on devrait idéalement profiter de cette cure pour remettre en ordre son hygiène de vie globale, afin d’en augmenter les bienfaits : alimentation plus végétarienne, exercice physique quotidien, sommeil préservé, stress abaissé.

Contre-indications

En cas de symptômes anormaux, arrêter la cure et éventuellement consulter un médecin.

Il est contre-indiqué de pratiquer une cure de sève de bouleau dans les cas suivants :

  • Insuffisance rénale, maladies auto-immunes, pathologies thyroïdiennes ;
  • Oedèmes liés à une pathologie cardio-vasculaire ou rénale ;
  • Femmes enceintes, allaitantes, ou jeunes enfants (avant 12 ans) : aucune toxicité démontrée, mais le principe de précaution s’applique ;
  • Prise d’un traitement médicamenteux particulier : chimiothérapie, anticoagulant, hypertension artérielle…
  • Allergie à l’acide salicylique (aspirine).
  • Attention aux allergies croisées : la prise de bouleau peut déclencher une allergie au céleri et vice-versa. Une hypersensibilité au pollen de bouleau contre-indique l’usage de la sève de bouleau (6) 

Bonne cure de sève de bouleau !

Sources : 

  1. https://www.sciencesetavenir.fr/sante/la-seve-de-bouleau-seduit-cultivateurs-et-consommateurs_133190
  2. https://www.axaprevention.fr/intox-detox-la-seve-de-bouleau-benefices-pour-la-sante
  3. https://www.darwin-nutrition.fr/super-aliments/seve-de-bouleau/
  4. https://fr.wikipedia.org/wiki/Eau_de_bouleau
  5. https://www.lebiologis.fr/medias/files/seve-de-bouleau.pdf
  6. https://www.vidal.fr/parapharmacie/phytotherapie-plantes/bouleau-betula-alba.html

Photo John Price

Avertissement : ce document n’est pas une ordonnance. Aucun diagnostic n’est réalisé ici. Les conseils et compléments alimentaires proposés ne dispensent pas d’une consultation médicale, et ne peuvent en aucun cas remplacer les médicaments prescrits par votre médecin. 

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