Tout le monde connaît le sauna, mais on ne sait finalement jamais trop comment bien l’utiliser. Faut-il rentrer sec ou mouillé ? Faut-il verser de l’eau sur les pierres ?

Il s’agit d’un outil fabuleux pour entretenir sa santé, souvent sous-estimé, utilisé depuis l’antiquité. Les différentes civilisations à travers le monde ont ainsi cherché depuis cette époque à exploiter les effets de l’eau chaude, de la vapeur, ou d’une atmosphère chaude sur le corps (associée à une exposition au froid ensuite), ayant observé un certains nombre de vertus à cela. Le mot sauna vient du finnois, et signifie « suée » : les finlandais l’ont depuis longtemps totalement incorporé à leur mode de vie, comme une coutume conviviale hebdomadaire, et afin de prévenir les maladies. On dit qu’il y aurait environ 3 millions de saunas en Finlande (pour 5,5 millions d’habitants) !

Comment le sauna agit-il ?

Le sauna traditionnel, petite pièce en bois de pin, est chauffé grâce à un poêle électrique ou parfois à bois, à une température moyenne de 80°C, mais qui peut atteindre plus de 100°C. Les bancs du haut sont plus exposés à la chaleur que ceux du bas. 

La chaleur crée un stress sur l’organisme, et le contraint à s’y adapter : pour ne pas littéralement « cuire » de l’intérieur comme un aliment que l’on met au four, il va mettre en oeuvre certains processus de protection, comme la transpiration pour évacuer la chaleur, et l’accélération de la circulation sanguine pour amener du sang à refroidir sous la peau. 

Plus l’air est sec, plus on peut supporter une chaleur élevée : il s’avère alors en général contre-productif de verser de l’eau sur le poêle pour créer un dégagement de vapeur. En effet, plus l’humidité est importante, moins la sueur s’évapore. Or c’est cette évaporation de sueur qui consomme de la chaleur et provoque un rafraîchissement salutaire à la surface de la peau, ce qui permet de supporter pendant un moment la chaleur élevée du sauna et donc de profiter de ses bienfaits. 

Les personnes transpirant de manière insuffisamment homogène sur toutes les parties du corps auront ainsi plus de mal à s’adapter à la chaleur du sauna. Certaines techniques pourront alors être mises en place pour aider la peau à mieux transpirer, comme le brossage à sec ou les enveloppements d’huiles essentielles.

 

Quels sont ses bienfaits pour la santé ?

Le sauna peut être utilisé avec différents objectifs : 

  • Se détoxifier, grâce à la transpiration. Une sensation de mieux être et de légèreté est ressentie après une séance ;
  • Se détendre et décompresser, grâce à l’action apaisante de la chaleur sur le système nerveux ;
  • Décongestionner ses organes internes, puisque le sang les quitte pour se concentrer en grande partie sous la peau ;
  • Après une séance d’exercice physique, pour décontracter ses muscles et éliminer l’acide lactique qui a pu s’y accumuler ;
  • En prévention santé, pour se renforcer et améliorer son immunité grâce à l’effet d’hormèse, qui permet l’augmentation de ses capacités d’adaptation à un environnement stressant pour le corps. Seront renforcés tous les organes, et en particulier les systèmes nerveux et glandulaires.
  • Améliorer sa santé cardio-vasculaire grâce aux contraintes d’adaptation demandées aux vaisseaux, et à la gymnastique que leur impose l’alternance du chaud et du froid (lors de la douche), ainsi qu’au travail du coeur.

L’énergie vitale présente en chacun d’entre nous, si elle est suffisante, cherche en permanence par divers moyens à nettoyer l’organisme et à l’épurer des déchets qui l’encombrent et gênent son fonctionnement, dans un but constant d’auto-guérison. Ce programme d’auto-régénération est comme inscrit dans chacune de nos cellules.

L’échauffement du corps est un de ces moyens, car cela active les organes émonctoires (organes permettant l’évacuation des déchets et toxines), et en particulier la peau : les déchets s’y évacuent alors avec la transpiration. Le corps peut chauffer et transpirer de lui même pour se nettoyer ou éliminer certains virus ou bactéries, comme parfois la nuit ou lors d’une fièvre. 

Mais on peut également le forcer à transpirer, par exemple grâce au sauna, ou grâce à d’autres techniques comme les bains chauds ou l’exercice physique. Les glandes sudoripares présentes dans la peau (au nombre d’environ 2 millions) permettent alors d’évacuer de grandes quantités de déchets circulant dans le sang ou la lymphe, mais également de certains déchets qui stagnaient dans les liquides extra-cellulaires, remis en mouvement. 

Ce seront notamment ceux issus du métabolisme des protéines, causes fréquente de maladies arthritiques (rhumatismes, arthrite, arthrose, tendinites, ou même artériosclérose…) lorsqu’ils stagnent dans l’organisme sans être évacués suffisamment souvent, en particulier chez les personnes neuro-arthritiques, c’est à dire plutôt minces, qui ont une tendance naturelle à les accumuler, notamment au niveau des articulations. 

La composition de la sueur est quasiment identique à celle de l’urine fabriquée par les reins : acide urique, urée, ammoniaque, cristaux, sels minéraux usés, résidus de médicaments ou de métaux lourds… Transpirer permet ainsi d’économiser ses reins en les faisant moins travailler, les glandes sudoripares fonctionnant un peu comme des mini-reins. L’eau transpirée est prélevée dans le volume sanguin, et est remplacée par de l’eau venant du système digestif, voire même du système lymphatique. Cela permet un nettoyage du sang, voire de la lymphe.

Mais au quotidien, la sédentarité (pas assez d’exercice physique) propre à nos civilisations occidentales modernes où le confort prime sur l’effort s’oppose à l’élévation de la température du corps et donc à l’évacuation des déchets, menant à terme à un encrassement, source de pathologies diverses. 

Le sauna s’avérera donc être un bon complément à la détoxification du corps, mais ne remplacera pas la pratique d’une activité sportive transpirante pluri-hebdomadaire. En effet, trop de sédentarité mène à terme à l’atrophie des capillaires sanguins sous la peau par manque de sollicitation : les glandes sudoripares ne seront alors plus alimentées en déchets sanguins, dont une partie stagnera dans l’organisme malgré la transpiration.

On peut de plus aider le délogement tissulaire des toxines par le massage du corps entier, excellent complément à une séance de sauna : pratiqué entre le deuxième et le troisième passage, il fera remonter les déchets des tissus profonds vers les capillaires sanguins périphériques, prêts à être évacués par la transpiration du troisième passage (voir plus bas le protocole). 

A noter également la présence d’un autre type de glandes dans la peau, les glandes sébacées, qui sont elles sollicitées lorsque la chaleur est moins intense. Ces glandes seront donc plutôt activées par l’exercice physique (échauffement des muscles) ou par une exposition à des températures moins chaudes que le sauna (bains chauds, hammam…). Elles élimineront plutôt des substances grasses comme les déchets gras (sébum, mucosités…) issus du métabolisme des glucides et des graisses (en particulier les amidons et les produits laitiers). On peut les comparer à des mini-foies, car elles éliminent le même type de substances… C’est la raison pour laquelle la sueur de l’exercice physique ou du hammam est plus grasse que celle du sauna.

Le sauna et la douche froide associée (ou le plongeon dans l’eau glacée en Finlande !) permettent également de gagner en vitalité grâce à l’effet dynamisant du froid et au phénomène d’hormèse : une contrainte appliquée au corps, suffisamment importante pour le faire réagir, mais sans excéder ses capacité individuelles nerveuses et glandulaires à y faire face, permet à la longue l’amélioration de ses capacités d’adaptation à cette contrainte particulière, mais pas seulement. C’est en effet un renforcement global de l’organisme qui s’opère petit à petit, tant physique que psychique. Ce renforcement sera visible par une adaptation de plus en plus aisée aux températures extrêmes, et par une amélioration de son immunité, voire même par une plus grande confiance en soi.

Enfin, le sauna pratiqué régulièrement à partir de la ménopause (en ayant commencé avant pour s’habituer à transpirer), permet d’éliminer les déchets qui ne sont plus éliminés dans le sang par l’utérus, et ainsi éviter les bouffées de chaleur provoquées par cet afflux de toxines vers la peau.

Le protocole naturopathique du sauna

Une séance complète de sauna dure environ 1h30, en 3 passages de 10 à 15 minutes, suivis de 3 périodes de repos de la même durée.

  • Eviter de manger juste avant d’aller au sauna, pour ne pas surcharger l’organisme. Le repas précédent sera si possible composé d’aliments riches en eau et pauvre en sodium pour faciliter le nettoyage du sang (fruits, légumes…) ;

     

  • Y entrer déjà réchauffé.e (par une douche chaude si besoin), propre, nu.e, et sec.he (pour ne pas perdre de temps à sécher sa peau avec la chaleur, ce qui retarderait le début de la transpiration) ;

     

  • L’air dans le sauna devrait être plutôt sec pour favoriser une transpiration efficace par les glandes sudoripares, d’une température autour de 80°C généralement ;

     

  • S’asseoir à la hauteur qui permet de supporter la chaleur en fonction de son ressenti, plutôt les jambes allongées ou repliées à la hauteur du coeur ;

     

  • Eviter de parler, pour pouvoir se concentrer sur ses sensations et sentir lorsqu’il est temps de sortir. Rester tranquille, essayer de ne pas se faire influencer par les autres pratiquants et rester à l’écoute de son ressenti ;

      

  • L’idéal est de faire trois passages de 15 minutes maximum (ou moins si on ne se sent pas en forme), suivis à chaque fois d’une douche la plus froide possible selon ses possibilités du moment pour refroidir la peau et stimuler le corps, et d’une période de repos d’une durée au mois égale au temps de passage dans le sauna, allongé.e et couvert.e si possible, pour permettre à l’organisme d’intégrer et au sang de s’homogénéiser. En cas de vitalité faible, on pourra se limiter à deux passages dans le sauna.

     

  • Eviter de boire entre les passages, si l’on souhaite une détoxification profonde : le corps ira alors chercher l’eau et les déchets dans la lymphe.

     

  • Une séance de sauna peut faire perdre jusqu’à 1,5 litres d’eau : il faudra donc bien se réhydrater après, avec de l’eau peu minéralisée pour ne pas surcharger l’organisme, ou avec du jus de fruit et/ou de légumes frais. Se peser avant et après permet de se rendre compte de la quantité d’eau perdue. Le repas suivant sera riche en légumes ou fruits crus, pour compenser la perte de potassium. Un peu de sel marin non raffiné pourra être également ajouté pour compenser les pertes de sodium.

 

A quelle fréquence et où le pratiquer ?

Une séance hebdomadaire paraît être un bon rythme : pourquoi ne pas en faire une nouvelle habitude d’hygiène de vie ? En Finlande par exemple, la traditionnelle journée du sauna est le samedi, pour se nettoyer des toxines accumulées la semaine.

Si l’on n’a pas la chance comme là-bas d’avoir un sauna chez soi, certaines salles de sport en possèdent un. Il existe également des centres naturopathiques comme le « Centre tout naturellement » à Paris, spécialisés dans le sauna et les massages drainants.

 

Y a-t-il des contre-indications ?

Oui : énergie vitale très faible, infections aigües (grippe, bronchite…), pathologies lourdes (cancer, SIDA…), troubles cardiaques (insuffisance cardiaque, infarctus du myocarde récent, rétrécissement des artères coronaires…), hypertension artérielle, dialyse, inflammation des veines, peau « fermée » qui ne transpire pas (par trop de sédentarité ou une capacité de réaction glandulaire réduite), troubles circulatoires (mettre un linge humide sur les varices pour les protéger)…

Eviter la prise de certains médicaments comme les anti-hypertenseurs avant la séance.

En cas de doute, toujours prendre l’avis de son médecin avant une séance de sauna. 

En cas de terrain très intoxiqué ou chargé en déchets, les premières séances pourront s’ensuivre de manifestations physiques telles que des courbatures, céphalées, ou eczéma, témoignant de la remise en circulation des toxines. Une certaine fatigue pourra également être ressentie car les organes émonctoires que sont le foie, les intestins, les reins, les poumons et la peau devront fonctionner intensément pour les traiter et les évacuer.

 

Bonne séance de sauna !

 

Pour plus de détails sur le sauna et son utilisation, je vous recommande la lecture de l’excellent livre du naturopathe Alain Rousseau, sur la base duquel j’ai pu réaliser cet article, « Retrouver et conserver sa santé par le sauna ». Il date de 1990 mais n’a pas pris une ride. Si vous le trouvez…

 

Sources : 

Isupnat ; 

« Retrouver et conserver sa santé par le sauna » par Alain Rousseaux, 1990 ; 

Laukkanen JA, Laukkanen T, Kunutsor SK. Cardiovascular and Other Health Benefits of Sauna Bathing: A Review of the Evidence. Mayo Clin Proc. 2018 Aug;93(8):1111-1121. doi: 10.1016/j.mayocp.2018.04.008. PMID: 30077204 ; 

Hussain, Joy, and Marc Cohen. “Clinical Effects of Regular Dry Sauna Bathing: A Systematic Review.” Evidence-based complementary and alternative medicine : eCAM vol. 2018 1857413. 24 Apr. 2018, doi:10.1155/2018/1857413

Avertissement : ce document n’est pas une ordonnance. Les conseils et compléments alimentaires proposés ne peuvent en aucun cas se substituer à un traitement ou suivi médical en cours. Aucun traitement médical ne peut être suspendu sans la consultation et la décision du médecin qui seul est habilité à faire un diagnostic. En effet, si votre Docteur en médecine vous a prescrit précédemment des médicaments ou des soins, lui seul est habilité à modifier son ordonnance.

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