Pourquoi vouloir être en bonne santé ? Ou pourquoi vouloir vivre longtemps, tout simplement ?

La question peut paraître absurde, mais de nombreuses personnes se sont évidemment penchés sur le sujet à travers les âges, et j’ai eu envie d’y réfléchir à mon tour quelques instants…

Car cette pensée m’obsède depuis des années. Qu’ai-je à répondre à une personne qui me dit qu’après tout, pourquoi s’embêter à se restreindre dans ce que l’on mange, pourquoi se fatiguer à faire de l’exercice physique chaque jour, pourquoi dépenser son argent pour manger bio, transpirer au sauna, ou aller voir des thérapeutes ? Oui pourquoi perdre son temps à lire des livres de « développement personnel » ou de santé, ou à se balader pieds nus en forêt ? « No sport ! » aurait d’ailleurs répondu Churchill lorsqu’on lui demandait le « secret » de sa santé…

Oui pourquoi ? 

Puisque de toutes façons nous sommes tous prédestinés à mourir un jour, pourquoi ne pas l’accepter et profiter à fond du moment présent sans penser à demain, en n’ayant pour boussole que notre plaisir instantané ? Je ne parle pas de perpétuer des actes relevant de la folie ou de l’anarchie totale, comme d’assassiner quelqu’un pour « voir ce que cela fait » (avec ou sans bonne raison !) ou de rouler à 200 km/h à contresens sur l’autoroute pour se faire un shoot d’adrénaline. Mais plutôt, pourquoi ne pas maximiser notre satisfaction immédiate en passant nos journées à regarder des séries en mangeant des cookies et des pizzas tout en buvant des sodas ou des bières, puisque demain ou dans quelques années, quoi que nous fassions, nous « fertiliserons les jonquilles » ? (Cf « Le cercle des poètes disparus »)

Pourquoi ne pas brûler la chandelle par les deux bouts, et fumer et boire toute la nuit, puisqu’il « faut bien mourrir de quelque chose » ? 

Pourquoi se battre pour retrouver la santé lorsqu’on est malade, pourquoi souffrir lors de traitements médicaux parfois lourds, pourquoi ne pas se laisser glisser vers l’au delà, qu’est-ce qui finalement nous retient ici, d’où vient cet instinct de survie ? 

Et si le paradis existe, ou la vie après la mort (ou selon certains, le « retour à la maison »), si notre incarnation sur Terre n’est qu’une infime partie de notre vraie nature, si comme le disait Pierre Teilhard de Chardin, en fin de compte « Nous ne sommes pas des êtres humains vivant une expérience spirituelle, nous sommes des êtres spirituels vivant une expérience humaine » (1), alors qu’est-ce qui nous retiens une seconde de plus ici bas, dans cette enveloppe charnelle souvent douloureuse ?

Le propre du vivant est d’être mortel : pourquoi alors perdre du temps à prolonger nos vies puisque nous allons mourir ? Pourquoi avoir comme objectif de vivre le plus longtemps possible en bonne santé, pourquoi vouloir prévenir les maladies et renforcer son terrain, comme le propose notamment la naturopathie, puisque tous nos efforts seront de toutes façons réduits à néant à la fin ? Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras poussière…(2) Pourquoi accumuler des connaissances et des souvenirs voués à se perdre dans l’infini puisque notre cerveau s’éteindra en fin de compte ? Qu’est-ce qui nous pousse à développer des aptitudes comme piloter un avion, jouer d’un instrument de musique, souffler du verre, gagner une course cycliste, dessiner, ou maîtriser Excel à la perfection, puisqu’elles ne nous survivront pas ?

Est-ce juste pour passer le temps en attendant la fin, et que toutes ces savoir-faire en fin de compte ne s’évanouissent ? Les aura-t-on développés au final pour rien ? Les esprits pragmatiques diront que cela nous a permis de gagner notre vie, donc de pouvoir assouvir au minimum nos besoins de base pour survivre : se nourrir et se loger, voire nourrir et loger sa famille, pendant notre temps sur Terre. De plus, où l’amour, les émotions, la beauté, l’inutile se situent-ils dans cette grille de lecture ?

Y a-t-il une hiérarchie des compétences acquises, d’un côté celles « utiles » pour l’ensemble de la communauté, comme savoir se soigner et soigner les autres, savoir construire un habitat, ou savoir cultiver sa nourriture, qui nous auront permis ainsi qu’à ses semblables de vivre un peu plus longtemps et de manière plus agréable, et celles peu utiles d’un strict point de vue de la survie de l’espèce, telles que savoir peindre un paysage, savoir chanter, savoir skier, ou savoir faire un bilan comptable ? Et si l’on pousse le raisonnement jusqu’au bout, un être humain n’ayant que des compétences peu utiles, voire « inutiles », ou pas de compétence du tout, a-t-il sa place sur Terre ? Une vie non productive, vécue uniquement d’amour et d’eau fraîche est-elle « ratée », comme on voudrait nous le faire croire ? Deviens-t-on alors un « parasite » ? Je me souviens d’avoir lu un jour sur un mur du boulevard de la Chapelle à Paris : « Rater sa vie, c’est déjà quelque chose » !

Mais à l’inverse, nous pourrions peut-être aussi voir le verre « à moitié plein » : puisque nous sommes bel et bien de passage sur Terre, et chacun possède sa théorie pour expliquer cette singularité, peut-être serait-ce afin d’essayer d’en tirer profit ?

Ainsi, le biologiste Pierre-Valentin Marchesseau écrivait dans les années 1970 : « La vie, qui s’est voulue, ne peut périr sans lutter correctement » (3) ou encore « La vie est l’ensemble des forces qui résistent à la mort ». 

D’ailleurs si la vie ne s’était pas voulue, pourquoi serions-nous tous équipés d’organes permettant la reproduction de l’espèce ? La reproduction n’est d’ailleurs pas le propre de l’humain. Ne serions-nous alors, devant ce mystère, pas plus importants qu’un chardon ou qu’une fraise des bois ? Quel coup dur pour notre égo, nous qui nous croyons parfois seuls dignes d’intérêt… Eux-aussi vivent et se reproduisent ! Quel est leur but sur Terre ? Quel est le notre ? S’il y a un grand cycle de la vie à l’échelle planétaire, et que chacun y possède une place, notre vie n’a-t-elle alors pas strictement la même valeur que celle de la fleur des champs ou de l’écureuil ?

 

Quel crédit apporter aux explications humaines de tout cela, comme la hiérarchie que l’on peut par exemple lire dans le chapitre 1 du livre de la Genèse (le premier livre de la Bible) : « Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme. Dieu les bénit et leur dit : « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la. Soyez les maîtres des poissons de la mer, des oiseaux du ciel, et de tous les animaux qui vont et viennent sur la terre. » N’y a-t-il pas là un grand malentendu fondateur de nombre de nos problèmes actuels ? 

Chaque être vivant est un véritable miracle de bio-ingéniérie. Comment se peut-il que l’évolution ait abouti à cette perfection pour ne la faire durer que le bref temps d’une vie terrestre ? 5 à 6 semaines seulement pour une abeille ouvrière, quelques mois pour un bleuet ou un coquelicot, 1 an pour une souris, 3 à 5 ans pour un colibri, une trentaine d’années pour un cheval. En quelque sorte, quel gâchis ! Enfin, y a-t-il une intelligence derrière la création de ces incroyables « machineries » biologiques ? D’où vient l’énergie vitale qui anime les être vivants ? D’où vient l’énergie qui permet à l’électron de se mouvoir autour du noyau de l’atome, permettant ainsi toutes les combinaisons moléculaires, donc l’existence de tissus, d’organes, de systèmes, voire du vivant ? La vie est-elle intrinsèque à la matière, ou vient-elle de l’extérieur, pour s’y insérer ?

« L’être humain naît de la Terre, la vie naît du Ciel. L’énergie du Ciel et de la Terre se réunissent et la vie vient à l’Homme ». Extrait du « Classique interne de l’Empereur jaune » (plus ancien ouvrage de médecine chinoise traditionnelle).

Pierre Valentin Marchesseau, père de la naturopathie en France au XXème siècle, et héritier des enseignements des grands anciens de la médecine naturelle (les Egyptiens, les Grecs dont Hippocrate, les Esséniens, les Arabes, l’université de Salerne…), excluait tout hasard, et résumait le principe du « vitalisme » ainsi : 

« Contrairement à l’opinion des savants matérialistes qui cherchent à expliquer la vie en partant des réactions physicochimiques de la matière, les Vitalistes pensent que la Vie est étrangère à la matière, mais qu’elle peut la traverser et même l’habiter sous certaines conditions (…). Lorsque ces conditions sont remplies, la Vie s’installe dans la matière, et l’organise à son profit (lois biologiques), en fonction du plan créateur ou programme chromosomique, dont chaque cellule vivante est dépositaire, et qu’aucun principe physicochimique ne peut expliquer. Rien n’est, donc, fait au hasard, comme le prétendent les matérialistes ; tout, au contraire, est préétabli, et la « force vitale » qui nous anime le fait toujours au mieux de nos intérêts organiques. Le contraire est impensable, parce que l’intelligence créatrice qui fait la Vie ne peut travailler à sa propre destruction. Même dans la maladie, contrairement aux apparences, la Vie exerce correctement ses forces. C’est la notion de « maladie d’auto-défense », chère aux naturopathes. Les « crises curatives » qui s’expriment sur le mode de l’élimination (maladies centrifuges) ne sont rien d’autre que la manifestation de cette « auto-défense », qui tend à ramener de la pureté au sein des liquides humoraux, afin de protéger les organes qui en dépendent. (…) La Vie, ainsi inscrite dans un être au sein de son milieu, nous donne chaque jour la preuve de sa toute puissance créatrice, protectrice et réparatrice. (…) Le naturopathe, pour cette raison, respecte la Vie, cherche à en comprendre les lois, et à en suivre les règles. » (4)

Les maladies centrifuges dont il parle sont les crises où les déchets qui nous encrassent sont éjectés à l’extérieur de l’organisme par la force vitale interne, afin de nous désencrasser  et de nous faire retourner à un état de santé : éruptions cutanées (eczéma, psoriasis, acné, etc.), écoulement de mucus (rhume, sinusites, bronchites, etc.), vomissement, diarrhée, etc. Mais nous prenons malheureusement ces symptômes de nettoyage pour des maladies en elles-mêmes, et combattons souvent à tort le nettoyage organique à coup de médicaments, au lieu de laisser le programme de santé inscrit en nous se dérouler…

Je repense quasiment quotidiennement à une phrase énigmatique de mon excellent professeur d’anatomie et de physiologie humaine, le médecin anesthésiste-réanimateur Thierry Kerguen, lâchée lors d’un cours : « Plus nous étudierons ensemble l’anatomie et la physiologie humaine, plus vous serez amenés à vous demander si Dieu existe… ».

Si « Dieu » existe, a-t-il créé les conditions et la vie sur Terre ? A-t-il créé la Lune ? Les planètes ? Les galaxies ? Ou bien tout cela n’est-il qu’un immense hasard ?

Qui serait alors Dieu ? Une intelligence universelle ? Extra-terrestre ? Autre chose ? (5)

Alors revient la question initiale : pourquoi perdre son temps à rester en bonne santé, (c’est à dire « pourquoi vivre un peu plus longtemps et mieux que si l’on était en mauvaise santé ») au lieu de profiter à fond du moment présent en ignorant les conséquences de ses excès, selon le vieil adage « Sex, drugs, and rock’n roll ! ». Ou tout simplement, et avec plus de nuances, au lieu de « se faire plaisir » à tout moment ?

Bien sûr chacun possède sa propre définition de « profiter du moment présent » ! 

Dans le même esprit, concernant la problématique actuelle de destruction de la biodiversité, de pollution généralisée, des crises énergétiques et climatiques, la trajectoire de l’évolution humaine y a aboutit. Nous en sommes de plus en plus conscients mais nous ne faisons en pratique quasiment rien pour inverser les courbes (par exemple, les émissions de CO2 augmentent encore chaque année à l’échelle mondiale malgré toutes les alertes des scientifiques). Est-ce parce que c’est notre destin commun d’aller dans cette voie du chaos annoncée ? D’aucun avancent que puisque notre vie individuelle est de toute façon vouée à se terminer prochainement, et qu’il s’agit peut-être de la destinée humaine, autant conserver ce mode de vie prédateur, et continuer à aller dans la voie de toujours plus de technologie, de consommation, de croissance, jusqu’à notre anéantissement final…

Voici aujourd’hui quelques réponses auxquelles je pense, en toute humilité, qui seront d’ailleurs sans doute différentes de celles que j’apporterai demain.

Puisqu’il m’apparait que la vie est un miracle, de part la complexité de ce qui la compose, et de part la fragilité des conditions de son existence (remises aujourd’hui en question par les phénomènes anthropiques), mon for intérieur aimerait trouver des raisons de la protéger et de la faire durer, et je voudrais croire qu’elle n’est pas dénuée de signification. Mon engagement en tant que naturopathe éducateur de santé aurait alors peut-être un sens.

Sinon… à quoi bon ?

—> Par respect pour ce miracle, car si c’est le hasard qui a mené au cours de l’évolution à combiner entre elles des molécules pour former toutes ces formes de vie toutes plus incroyables les unes que les autres, nous ne pouvons que nous en émerveiller. Et s’il s’agit de l’oeuvre d’une forme d’intelligence, que l’on peut nommer comme on le souhaite, Dieu, énergie vitale universelle, Qi, Intelligence extra-terrestre, ou autre, nous devons nous incliner avec humilité car aucune intelligence terrestre n’est capable de s’approcher de la perfection de cette création. Ainsi, comme l’exprimait Marchesseau, chaque cellule composant nos organismes possède en elle une intelligence de Vie, comme un « programme » intrinsèque qui lui fait tendre vers un fonctionnement optimal ou un retour autonome à la santé (par exemple, en cas de fracture simple, l’os se ressoudera tout seul pour à nouveau être fonctionnel, si l’on immobilise le membre). Est-ce le hasard ou une intelligence supérieure qui a insufflé ce programme dans chacune de nos cellules ? Dans tout les cas, nous voilà enclins à respecter la Vie.

Il écrivait en 1975 à propos du cancer et de la promotion d’une bonne hygiène de vie : « Nous sommes des « machines à vivre ». Tout a été conçu en nous par un « Architecte prodigieux » pour que notre existence se déroule au calme, sans maladie aucune. Nous disposons de forces guérisseuses, bien ajustées, qui s’exercent toujours avec intelligence. Sachons en user. Le malheur est que nous croyons plus à la science des hommes qu’à ces forces de la Nature ; un peu plus de bon sens et beaucoup moins de science suffirait pour maîtriser ce fléau qu’est le cancer et qui menace de nous exterminer plus sûrement encore que la bombe atomique. » (6)

—> Pour l’amour. L’amour des autres et l’amour de soi. Peut-être est-ce d’ailleurs l’unique but de la vie sur Terre ? Plus que d’accumuler de l’argent ou des compétences. On peut penser que l’amour entre végétaux est « instinctif » mais qu’il existe certainement. Quant aux animaux, cet amour est déjà plus visible. Est-il conscient et volontaire ? Sans doute parfois. Mais en ce qui concerne l’humain, c’est ce à quoi nous aspirons tous. Les religions le disent d’ailleurs à leur manière : « Tu aimeras ton prochain comme toi même » (7) ;  « Agissez envers les autres comme vous aimeriez qu’ils agissent envers vous. » (8)

D’ailleurs nous pouvons constater que cet amour reste quelque part en nous lorsqu’un proche s’éteint, et nous pouvons légitimement nous demander si nous l’emporterons avec nous après notre mort. Les personnes ayant expérimenté des EMI (expériences de mort imminente) témoignent parfois avoir rencontré « là bas » un être aimé, ou une entité leur demandant « Comment as-tu aimé les autres pendant ta vie ? », ou « Comment t’es-tu aimé ? » (9). Bien que ces expériences n’aient pas de valeur scientifique, il n’est pas interdit de les prendre en compte et d’en tirer certains enseignements. Etre en bonne santé le plus longtemps possible permet sans doute de vivre cet amour terrestre plus longtemps, et c’est peut-être ce qu’il y a de plus important dans nos vies.

—> Pour repousser l‘échéance, et avoir l’impression d’avoir un certain pouvoir sur la mort. Et sans doute aussi par peur. Peur d’abandonner ceux que l’on aime. Peur de quitter ce monde qui nous apporte certes des peines, mais aussi beaucoup de joie, d’amusement, d’aventures, de beauté, d’émotions. Peur également de l’inconnu, peur de l’au-delà, peur d’être jugé, de rencontrer son créateur, ou peur du néant et que tout s’arrête. C’est sans doute notre égo qui a alors le plus peur de disparaitre, car qu’y a-t-il pour lui de plus insupportable que d’admettre que finalement nous n’étions pas grand chose, et nous ne serons plus rien dans peu de temps.

—> Par dignité humaine et par philanthropie, et afin de pouvoir s’occuper aussi bien de soi que des autres : chacun a droit à un traitement égal et équitable car nous sommes tous faits du même bois, quel que soit notre lieu de vie ou notre couleur de peau. On peut imaginer que si chacun était en bonne ou meilleure santé plus longtemps grâce à des mesures simples d’hygiène de vie et d’hygiène psycho-émotionnelle, une sorte de dynamique positive serait créée, pour une meilleure santé du vivant sur la planète, un égrégore de bonté et de bien-être. Plus de temps en bonne santé, c’est plus de temps pour pouvoir s’entraider et s’entre-soigner. L’humain est grégaire par nature, et des études ont montré que la santé se détériore plus facilement lorsque l’on est seul, en particulier dans le cas des personnes âgées. (10) Avoir une vie active d’entraide au sein de sa communauté et garder un but à sa vie le plus longtemps possible ferait ainsi partie de la clé d’un vieillissement en bonne santé, comme les anciens de l’île d’Okinawa au Japon peuvent en témoigner. (11)

—> Mais être en bonne santé plus longtemps, c’est aussi avoir plus de temps sur Terre pour faire le choix de s’occuper de sauvegarder notre milieu de vie commun, et l’ensemble du vivant. Bref, pour s’éloigner d’une vie auto-centrée. Les plaisirs culinaires malsains (c’est à dire les aliments anti-spécifiques à l’être humain, ainsi que les aliments dénaturés – transformés, cuits, pollués – entrainant une dégradation de la santé si consommés trop fréquemment) sont d’ailleurs souvent liés à de la pollution ou à des émissions de CO2 : consommer des produits sucrés industriels ou des produits venant de l’autre hémisphère aura toujours plus d’impact sur la planète que de manger des pommes ou des poires issues de son verger (dont il faut s’occuper).

—> Afin de faire plus que simplement perpétuer l’espèce humaine. La question ne se pose pas forcément pour les hommes, mais pour les femmes ! Si le but de la vie était uniquement de procréer pour la sauvegarde de l’espèce, pourquoi les femmes ne mourraient-elles pas à la ménopause ou peu après, une fois leur(s) enfant(s) élevés ? Il doit y avoir une autre explication, puisque l’être humain (homme comme femme) serait possiblement programmé  pour vivre de manière naturelle jusqu’à environ 120 ans. (12) Cela pose également la question de l’obligation morale d’enfanter que la société impose souvent aux femmes…

—> Pour le bien être et l’absence de douleur, afin que notre vie terrestre soit la plus agréable possible.

—> Afin de pouvoir vivre des expériences, bonnes ou mauvaises, agréables ou désagréables, et même tenter de donner un sens à sa vie au travers de celles-ci. Peut-être qu’il ne faut pas voir plus loin la raison de notre présence ici : s’enrichir de ces expériences, de connaissances, d’émotions, de découvertes, de rencontres, apprendre, acquérir des aptitudes, interagir avec le monde. Et emporter cet enrichissement dans l’au delà : c’est peut-être ce qui est prévu pour nous après tout… 

Si l’âme se réincarne dans d’autres corps humains (ou autres), sans doute garde-t-elle une trace de ces précédents passages sur Terre, de toutes ces expériences vécues. Il s’agit alors peut-être juste de passer plus de temps incarné ici pour vivre les blessures que l’âme a besoin de guérir peu à peu pour évoluer, et apprendre l’amour de soi. Selon certaines croyances, l’âme pourrait ainsi continuer à se réincarner tant que ces blessures de l’âme ne sont pas guéries, et tant que l’état originel de paix intérieure n’est pas retrouvé. (13) 

—> Afin d’être valide le plus longtemps possible pour accompagner, transmettre, partager, pouvoir s’occuper de ses enfants puis de ses petits enfants.

—> De manière plus pragmatique, afin de limiter sa dépendance au système médical et pharmaceutique, qui non seulement crée une dette sociale chronique, mais participe à la dégradation de notre milieu de vie. En effet, une étude de 2019 (14) conclut que l’industrie pharmaceutique au niveau mondial aurait émis en 2015 environ 52 millions de tonnes de gaz à effets de serre « équivalents CO2 », comparé à 46,4 millions pour l’automobile sur la même année. « Alors qu’elle pèse 28 % de moins dans l’économie, la pharmacie est 13 % plus polluante que l’automobile. (…) Pour se conformer aux limites fixées par les accords de Paris (+1,5 °C par rapport au niveau pré-industriel), il faudrait que les acteurs du secteur baissent leurs émissions de 59 % d’ici 2025 », affirme un des auteurs de l’étude. (15) De plus, certaines pathologies entrainent une certaine dépendance vitale à ce système. Par exemple, un insuffisant rénal au stade terminal devra se rendre plusieurs fois par semaine dans un centre de dialyse ou la pratiquer en autonome, une personne atteinte d’Alzheimer n’aura qu’une autonomie limitée et vivra parfois dans un monde éloigné de celui de ses proches… Toutes les maladies ne sont bien sûr pas évitables, même avec une bonne hygiène de vie, mais beaucoup pourraient être prévenues, en adoptant des comportements plus sains.

—> Afin d’avoir le temps d’évoluer, et de ne plus courir après une vie ultra-productive, souvent faite de création de biens ou services polluants ou non soutenables. L’argent contribue sans doute au bonheur, mais jusqu’à un certain point : on le voit bien aujourd’hui chez certaines personnes dépensant sans compter en cherchant éternellement dans les biens matériels un bonheur inatteignable. Le philosophe Sénèque était riche, et ne s’en cachait pas, mais affirmait que l’important était de ne pas être possédé par sa richesse. La sobriété n’est-elle pas selon les bouddhistes une valeur qui doit guider les humains vers la sagesse et le bonheur ?

Une phrase du Dalaï Lama résume cela : « Ce qui me surprend le plus dans l’humanité ? Les hommes… parce qu’ils perdent la santé pour accumuler de l’argent, ensuite, ils perdent leur argent pour recouvrer la santé. Et ils se perdent dans d’anxieuses pensées sur le futur au point de ne plus vivre ni le présent ni le futur. Ils vivent comme s’ils n’allaient jamais mourir… et meurent comme s’ils n’avaient jamais vécu. » (16)

—> Afin d’acquérir de la sagesse et de calmer son ego avec le temps, pour être enfin une personne plus attentive à ses vrais besoins et s’insérer de manière plus harmonieuse dans la société. En effet, notre égo ne se soucie pas forcément de notre santé ou du bien être commun, car il se sent extérieur à nous, et sous prétexte de nous aider à exister aux yeux du monde, il parasite notre intuition. L’autrice Lise Bourbeau écrit ainsi : « L’égo, puisant dans l’énergie mentale, t’affaiblit. Chaque fois que tu le laisses te contrôler, tu es en manque d’énergie. Je suis certaine que tu as déjà constaté ce fait à plusieurs reprises. Lorsque tu vis des peurs et des émotions – qui sont des manifestations de l’égo -, tu t’es certainement rendu compte que tu es fatigué à la fin de la journée. Toi seul peux décider si tu continues à alimenter l’égo ou non. (…) Il a trouvé des moyens subtils pour nous jouer des tours et nous faire croire que nous décidons de notre vie, alors que c’est plutôt lui. » (17)

(1) Pierre Teilhard de Chardin (1881-1955), prêtre jésuite français, chercheur, paléontologue, théologien et philosophe.

(2) Livre de la Genèse, chapitre 3-19.

(3) Pierre-Valentin Marchesseau, La santé dans les formes du corps, p8 (édité par l’auteur).

(4) P.V. Marchesseau, La santé sans médicaments par la naturopathie, p31-34, (édité par l’auteur), 1974

(5) Je recommande à ce sujet la très belle vidéo d’animation « The egg – Une Nouvelle » par Kurzgesagt. https://youtu.be/h6fcK_fRYaI

(6) Pierre-Valentin Marchesseau, Cancer et alimentation

(7) Lévitique 19:18 ; Marc 12:31

(8) Confucius

(9)  Fabienne Raoul, Mon bref passage dans l’autre monde, Leduc.S Editions, 2019

(10) https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC8302349/

(11)  « Ce territoire qu’on appelle « île de la longévité » détient la plus grande espérance de vie de la planète : 86 ans pour les femmes et 78 ans pour les hommes. On compte exactement 42 centenaires pour 100 000 habitants… soit trois fois plus qu’en France ! » Emmanuelle Jung, 14/9/21, sur https://www.medisite.fr/bien-vieillir-okinawa-12-principes-de-centenaire-pour-vivre-longtemps-en-bonne-sante.5622398.721184.html

(12) Selon P.V. Marchesseau, père de la naturopathie en France, dans son ouvrage « Qu’est-ce que la naturopathie ? » (Ed. Spirvie Natura, 1980-2007) : « Ne pourrions nous pas, également, vivre plus longtemps, de 120 à 150 ans, suivant la durée normale de l’existence humaine inscrite dans la « loi des mammifères », qui prévoit une durée de vie équivalent à cinq à six fois le temps de croissance ? »

(13) Lise Bourbeau, La guérison des 5 blessures, Pocket, 2015

(14) Etude « Carbon footprint of the global pharmaceutical industry and relative impact of its major players » par Lotfi Belkhir et Ahmed Elmeligi publiée dans le Journal of Cleaner Production du 20 mars 2019 : https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0959652618336084

(15) Extrait de mon mémoire « L’éco-naturopathie, une réponse individuelle et collective aux défis environnementaux du XXIe siècle ? », avril 2022. Disponible gratuitement sur https://anthonyviaux.fr/environnement/

(16) https://citations.ouest-france.fr/citation-dalai-lama-tenzin-gyatso/surprend-humanite-hommesparce-perdent-127247.html

(17) Lise Bourbeau, La guérison des 5 blessures, Pocket, 2015

Photo by Vincent van Zalinge on Unsplash

logo footer

21 rue Vauvenargues

75018 Paris

06 76 85 82 21

Prendre rendez-vous en ligne Doctolib